mercredi 29 juillet 2015

Universités: France vs Nouvelle Zélande

Début juillet j'ai eu l'occasion d'assister à une conférence qui s'est déroulée sur plusieurs jours à l'Université Victoria de Wellington. Située sur les hauteurs à l'ouest de la ville, ce campus est non seulement bien situé (10 minutes de bus depuis le centre-ville), mais aussi magnifique.

La plupart des bâtiments sont neufs, et ceux qui ne le sont pas sont hyper bien entretenus (salles neuves à l'intérieur de vieux murs). C'est beau, chauffé, confortable et bien équipé.

L'un des halls: espace ouvert avec à droite la bibliothèque, à gauche des fauteuils et tables pour déjeuner, le tout ouvert sur un espace de vie commune avec des ordinateurs en libre accès un peu partout.

La bibliothèque pimpante sur deux étages.

Pour déjeuner ou se reposer, le lieu est vraiment agréable!

Oubliez les restaurants universitaires. Ici, à l'intérieur même des bâtiments de l'université, des chaînes de restauration sont installées pour proposer une large gamme de repas, du sandwich au restaurant, en passant par des sushi ou une véritable boulangerie.

Fauteuils en cuir, escaliers en verre. What else?

Même la salle de la scolarité (derrière les portes en bois) est magnifique! Plusieurs secrétaires prêtes et dispos derrière le comptoir. On croit rêver.

Envie de se reposer sur ces bancs molletonnés? Pas de soucis!

On n'est pas bien, là?

La librairie universitaire à côté de la boulangerie, juste derrière les bancs de la photo ci-dessus. Dans la librairie on trouve tous les polycopiés officiels, joliment imprimés et reliés, avec une couleur par matière.

L'un des amphis, avec trois écrans de projection pour que l'on puisse bien voir peu importe où on est assis. Et trois écrans au bureau du prof... Le luxe...

Rassurez-vous: ici aussi, les tables d'amphi sont taguées.

Ai-je besoin d'en rajouter?

Franchement, visiter une si belle université m'a mis une claque. Je ne sais pas si l'université de Grenoble a été rénovée depuis que j'y étais (2001-2006), mais à l'époque c'était vraiment pas la panacée. Entre les locaux pourris, les amphis à 15°C, les salles de manip de chimie décrépies, pas de salle informatique digne de ce nom (ordinateurs vieux et lents, quand il y en avait), les polycopiés (quand il y en avait) imprimés à l'arrache par le bureau des étudiants... j'ai vraiment l'impression d'avoir étudié dans un taudis. La qualité de l'enseignement n'est pas du tout remise en question, la différence se fait sur des questions matérielles.

Il suffit de regarder un peu la chaîne youtube de l'université Victoria: c'est rempli de clips hautement marketisés où l'on voit des étudiants heureux et épanouis, avec des projets professionnels prêts à être réalisés. Ils sont beaux, jeunes, et le succès les attend.

"Je me vois déjà être un acteur fort de la ville de Wellington."

Bref... A la fois ce genre de "moule à bons citoyens" me donne envie de vomir, à la fois je ne peux que souligner l'extrême qualité matérielle (et autres) avec laquelle sont accueillis les étudiants.

Alors pourquoi une telle différence avec ce que je connais des universités françaises?

La réponse tient en un mot:

LE PRIX

Amis français, estimez-vous tellement heureux que l'école soit gratuite en France, et l'université quasiment gratuite également (entre 100 et 400€ par an selon les universités).

Ici, il faut compter entre 5000 et 8000 NZD (3000-5000 €) par an, selon les filières. Et ça, c'est si vous êtes étudiant néo-zélandais. Pour les étrangers, c'est plus cher: comptez autour de 30 000 NZD par an (18 000 €)!

En blaguant, les jeunes couples d'ici disent qu'ils commencent à économiser pour les études de leurs enfants quand la femme est enceinte de son premier...

De plus, tout le monde n'est pas accepté à l'université, il y a un concours d'entrée.

Alors est-ce que vous préférez une université pas chère, accessible à tous, mais avec peu de moyens matériels? Ou bien une université hors de prix, sélective, mais avec un cadre d'études idyllique?

A méditer~

5 commentaires :

  1. Je pense pas que le campus de Grenoble soit si différent de celui où je suis à Paris.

    Quand j'étais en LLCER japonais, on avait cours dans les deux plus anciens bâtiments du campus qui sont juste les locaux d'une minoterie réaménagés. Bon j'ai pas eu cours là-bas cette année mais je vais quand même parler au Présent. Il faut savoir que ce sont des locaux quand même assez "jeune" (huit ans seulement).
    Ils mettent du temps à allumer le chauffage donc en général on passe une bonne partie du mois de Novembre à avoir froid (parfois ça empiète sur Décembre). Et on passe une bonne partie de l'hiver à avoir beaucoup trop chaud. En printemps/été, on a trop chaud car ils mettent trois cents ans à allumer la clim. Une fois qu'ils l'ont enfin mise (à fond), on a froid. Et bien sûr, pas moyen de l'éteindre. Dans certains amphis, ils ont eu l'intelligence de mettre une lampe en plein devant le projecteur du coup ça fait de l'ombre sur le power point du prof (ou le tien quand tu fais un exposé). Certains cours sont trop populaires et donc bondés mais on les met quand même dans les petits amphis parce qu'il n'y a qu'un seul grand amphi et qu'ils vont certainement pas le filer à des filières dites "littéraires". Donc si t'arrives pas 15min avant le début du cours, tu passes les trois heures assis(e) dans les escaliers (toi aussi lève ton pouce). Ca c'est pour le bâtiment qui servait de stockage. Dans l'autre, il y a des salles de TD où tu as un espèce de grand pilier et c'est souvent la seule place qui reste si tu n'es pas arrivé à l'avance (et donc tu vois pas le tableau).

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  2. La bibliothèque maintenant! C'est censé être la plus belle des universités de Paris. Pour avoir vu d'autres BU, je peux dire qu'on est quand même assez gâtés. Sauf qu'il n'y a pas de toilettes. Pour aller aux toilettes, il faut sortir de la BU. Très pratique quand tu es allé(e) seul(e) à la BU pour réviser et que la BU est juste bondée. En général, les gens laissent leurs affaires au risque de se les fairesvoler plutôt que d'emporter leurs affaires parce que sinon : plus de places. Il y a une partie de la BU où on a le droit de parler (doucement) où les gens parlent et rient fort et y a jamais personne pour leur dire de se la boucler parce que, oui, quand toi tu utilises cette partie avec tes ami(e)s pour réviser ou préparer un travail de groupe car les salles de travail sont prises et que de toute manière tu peux pas réserver plus de 3h, ben c'est chiant.
    Les salles de travail, c'est très sympa. Sauf qu'il n'y a pas de ventilo dans toutes les salles et il y fait super chaud l'été. Vu que c'est pas aéré, si tu passes après un groupe, ça pue aussi la mort. On a le droit ni de manger ni de boire nulle part mais on contourne tous la règle (parce que souvent les salles sont libres de 11h à 14h et bon on va pas manger à 10h ou 14h quoi). Il y a des salles plus grandes qu'on a absolument pas le droit de réserver en dessous d'un certain nombre même si les salles sont libres. Ah et, on ne capte pas internet.

    Il y a plein de lieux "CROUS" pour déjeuner mais si t'y vas pas à 11h, t'es pas garanti d'avoir une place assez vite ni ce qui était initialement prévu au menu. Du coup j'ai arrêté d'y aller et je me suis contentée d'un sandwich toute l'année. Même après avoir rénové le RU, en ajoutant un étage pour plus de places, il n'y a toujours pas assez de places. Pour les sandwiches, il y a très peu de sandwiches végétariens (ou tout simplement mangeables) et, pareil, il y a des stocks et il faut donc s'y prendre à l'avance (en général je le prenais en arrivant sur le campus ou à une pause entre trois heures de cours, bref ça demande de la stratégie). Il n'y a pas assez de place pour manger mais on a pas le droit de manger dans les salles de classe (mais on le fait quand même, en toute illégalité).

    Je passe sur les secrétaires qui sont souvent exécrables.

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  3. J'ai gardé le meilleur pour la fin. Les locaux où j'ai cours depuis 2 ans et demi. Par où commencer ? Avant les cours de LLCER anglais étaient au coeur du quartier du marais qui est, je l'avoue, plutôt sympa. Mais les locaux étaient très vieux, aménagés dans un vieil hotel particulier. L'ascenseur n'a jamais fonctionné (très pratique pour accueillir des élèves handicapés). Le seul réconfort, c'était que tu avais une super vue à partir du 3ème étage. Les salles étaient assez exigues et, souvent, on était les uns sur les autres. Alors quand on a changé pour des locaux tout neuf sur le campus principal, qu'on a arrêté d'être exclusivement entre anglicistes (et que surtout j'avais plus à me taper les aller-retours tous les jours), j'ai été super contente. Mais ... désillusion totale. Les locaux sont censés être les plus neufs de tout le campus mais ce sont les plus moches. La cafétéria avec ses quatre tables est en plein courant d'air et personne ne referme jamais la porte (merci en hiver). Comme c'est le seul truc qu'il y a "tout près" pour pas trop cher, y a souvent une file d'attente interminable à midi (d'où l'intérêt d'acheter son sandwich à 10h ou de préparer son truc). Dans les salles, il y a un bruit de fond (de la clim) à la limite de l'insupportable que tu ouvres ou que tu fermes la porte (il vient juste pas du même endroit). Les amphis sont très casse gueules et incomfortables. Et, le clou du spectacle : on a pas le droit d'aller au-delà du quatrième étage (administrations, bibliothèque ressources pour les master recherches/doctorants) sans autorisation sinon le bâtiment risque de s'écrouler.

    Après, je pense que j'aurais jamais eu les moyens de payer un truc à 10k€ l'année pour être bien servie dans des locaux bien foutus. ^^" Donc je prends mon mal en patience ... Je trouve ça bien qu'une université soit facile d'accès même si parfois c'est un peu abusé l'entretien et le reste.
    Il faut savoir que ma fac est en procès depuis l'ouverture des nouveaux bâtiments vu qu'ils ne sont pas considérés comme étant aux normes (incendie surtout). Dernièrement, ils avaient perdu et les permis allaient être annulés mais ils sont en appel je crois x)

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  4. Et beh xD
    Merci pour ton témoignage Tokky. Je suis heureuse d'avoir étudié en province. Même si on était nombreux en première année, au moins on trouvait toujours de la place au RU ou à la BU (après la queue de 15-30 minutes, mais c'était possible quoi) :(

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  5. Je crois qu'il y a effectivement un facteur "prix" mais aussi un facteur "comment on dépense l'argent". L'histoire de Tokky (procès sur les locaux) est un bel exemple. La plupart des batiments des années 50 croulent, les cout d'entretien sont énormes... mais il n'y a pas de crédits d'investissement, sauf pour les technos en vogue ou nouvelles (cf les bâtiments de bio-tech ou de micro-nano). Donc on se contente de chauffer des bâtiments mal isolés etc.

    SuNo

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