mardi 12 mai 2015

S'exprimer en anglais: top 5 de ce qu'on croit savoir mais qu'on ignore!

Avant de s'installer en Nouvelle Zélande, on avait peu d'appréhension concernant la "barrière de la langue". On estimait chacun avoir un niveau raisonnable en anglais pour se débrouiller. Et on avait raison: notre niveau en partant de France nous a permis de nous débrouiller... mais pas beaucoup plus.

S'exprimer en anglais: top 5 de ce qu'on croit savoir mais qu'on ignore!


1. Vous comprenez 90% des dialogues quand vous regardez un film / une série en anglais.

Super. Mais en fait la richesse et la spontanéité de la langue vient des 10% restants que vous ne comprenez pas.

Les petites blagues, jeux de mots, les mots d'argot, sont utilisés au quotidien. Il ne faut pas les négliger! Beaucoup de vocabulaire spécifique vous échappe également (politique, droit, etc.), c'est normal... mais si vous voulez participer à une conversation intéressante sur la société du pays dans lequel vous vivez, il vous faudra les apprendre!

Game of Thrones vous fera apprendre six mots différents pour désigner les "filles de joie".

2. Les exercices de compréhension orale, c'est pour les neuneus!

Mais en fait, dans la vraie vie, les gens, ils parlent vite.

Ecoutez-vous parler français et vous vous en rendrez compte. On mange les mots, on saute des conjonctions, voire on omet des morceaux entiers de phrase. C'est pareil dans d'autres pays. La langue que vous avez apprise à l'école est très bien prononcée, avec presque aucune contraction. La langue que vous entendrez à la TV ou à la radio est là encore bien prononcée, puisqu'elle se veut compréhensible. La langue que l'on parle entre potes, c'est une autre histoire!



3. Un accent? Aïe donte haveu âne axcènneteu!

Vous croyez parler prononcer convenablement une langue, mais peu importe les efforts que vous y mettrez, votre accent français est reconnaissable en moins de 15 secondes, même sans tomber dans le "maille nème ise"...

Vous avez donc un accent français, et parfois les gens ne vous comprendront pas et vous demanderont de répéter... Et j'insiste, pourtant vous faites des efforts. Il faut du temps et de la pratique, mais ça prend du temps, beaucoup de temps...



4. Quissekildi?

L'argument de l'accent est hélas valable dans les deux sens!

Et c'est sûrement la plus grande difficulté pour nous ici. L'accent néo-zélandais est nasal avec des sons de voyelles très différents de l'anglais british qu'on nous apprend à l'école.

"When" devient "Whean"
"Ten" devient "Tean"
"Best" devient "Beast"
Et si vous vous appelez "Ben", ne vous étonnez pas qu'on s'adresse à vous comme à un "Bean"(haricot)!
Pas besoin de commander des "Fish and Chips", ici c'est des "Fush and Chups"!
Bref c'est surtout sur les voyelles... Comme si vous gardiez toute votre phrase dans votre nez.



5. A deux c'est facile.

A plusieurs, c'est l'horreur.

Faire une conversation en face à face avec une seule personne, ça reste dans le domaine du facile. Si la personne ne vous comprend pas, elle vous demandera de répéter, et inversement. Au fur et à mesure de la conversation, elle va s'adapter inconsciemment à votre rythme de parole (qui est plus lent que la normale, puisque ça n'est pas votre langue maternelle), et fera sûrement plus attention à se prononciation.


Mais dans un groupe, c'est une autre affaire! Les réponses sont rapides, des sous-groupes de conversation parallèle peuvent se former et se défaire à tout instant, il y a des blagues, un peu d'argot, des accents non retenus, et tout ça à vitesse de parole normale... Bref le temps que votre cerveau comprenne ce qui se dit, le sujet a déjà évolué vers autre chose. Dans ces conditions, participer à la conversation est difficile, car en plus d'écouter et comprendre tout le monde, vous devez réfléchir à ce que vous voulez répondre, et à comment l'exprimer dans une langue qui n'est pas encore naturelle pour vous. Vous pensiez être drôle et avoir de la répartie, et bien tout ça tombe à plat! Il faut du temps et beaucoup de pratique pour commencer à penser naturellement dans une langue autre que sa langue maternelle, et là est la clé pour converser aisément.


J'insiste encore sur le fait que non, nous n'étions pas des novices de l'anglais avant de venir ici. Tiwi écoutait quotidiennement la radio en anglais, Miwi lisait quotidiennement en anglais... Malgré ça, on s'est pris une petite claque en arrivant. Maintenant ça va beaucoup mieux.

Evaluer nos progrès est difficile, mais pour moi (Miwi) qui n'ai pas encore de travail et suis moins confrontée à la conversation quotidienne (autre que dire bonjour et merci dans les magasins), il est clair que la progression est plus lente (mais elle s'améliore de jour en jour quand même!). D'autant que je ne me facilite pas la tâche en me bornant à écouter des émissions en japonais tous les jours... Il m'arrive souvent qu'un mot me vienne en japonais au milieu d'une phrase anglaise, entraînant un gros blanc dans ma tête, avant que la phrase ne puisse réellement arriver à ma bouche (100% en anglais rassurez-vous).

Il est arrivé que je doive parler anglais pendant trois jours d'affilé sans interruption, lors d'un weekend de travail (cela fera l'objet d'un billet séparé). Ces trois jours ont été très fatigants puisqu'il fallait travailler de façon acharnée (et parler en anglais de surcroît!). Et j'ai remarqué que quand j'étais dans un état d'extrême fatigue (le troisième jour, dans l'après-midi), j'avais beau me concentrer, des mots de français sortaient tous seuls de ma bouche alors que je voulais parler anglais! Heureusement mes interlocuteurs étaient dans le même état de fatigue, donc ils n'ont pas vraiment relevé!

J'ai aussi remarqué que quand je rends visite à Tiwi à son travail, il me parle anglais! Il lui est devenu plus difficile de chercher ses mots en français pour me parler de ce qu'il fait quotidiennement en anglais (quand il me présente ses projets par exemple, il le fait en anglais).

Y aura-t-il un billet dans six mois pour dire que nous rêvons à présent en anglais? Pas impossible!

Cheers!~
(ici on dit "cheers" pour dire au revoir, dans les magasins par exemple)

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